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Des petites histoires particulières de l’évolution humaine, de son compagnonnage avec celle de nombreuses autres espèces, à la grande histoire de la vie, il n’y a qu’un pas, que je saute aujourd’hui en rebondissant sur une nouvelle actualité scientifique… Une étude récente (PNAS, 18 septembre 2015) présente en effet « un arbre de la vie » qui se veut le plus complet possible. Il a été construit en rassemblant les données issues de plus de 500 arbres phylogénétiques déjà publiés.

arbreHaeckelL’arbre a longtemps été une représentation métaphorique, branches et rameaux figurant les liens de parenté, de descendance entre espèces. Et plaçant l’homme au sommet de la frondaison… faisant ainsi implicitement de lui l’aboutissement de l’évolution. En 1866, Ernst Haeckel (l’auteur de l’arbre ici reproduit) forge le mot « phylogénie », à partir de genesis (genèse) et phylum (lignée) : l’arbre phylogénétique (généalogique) montre la genèse des lignées et prétend nous montrer « qui descend de qui ». Aujourd’hui, l’arbre montre des degrés d’apparentement relatifs (en somme : « qui est plus proche de qui »). La représentation a donc changé. Elle place les différentes espèces à la périphérie d’un cercle, gommant ainsi toute idée de hiérarchie ou de degré d’évolution variable parmi les espèces actuelles. Nous avons tous le même nombre d’années d’évolution depuis l’origine de la vie et personne n’est l’ancêtre de personne. Autre découverte importante : tous les êtres vivants présents sur Terre ont un même ancêtre commun. La vie telle qu’on la connait a une seule et même origine. Cet ancêtre commun (qui n’existe bien évidemment plus!) est représenté au centre du cercle.

La construction d’arbres phylogénétiques sert à faire des classifications, à reconstituer la fresque historique de la vie, à proposer des scénarios évolutifs, à faire des prédictions sur les propriétés que devraient détenir des espèces actuelles encore peu connues. L’informatique et la biologie moléculaire permettent d’obtenir et d’analyser les séquences d’ADN ou de protéines de différentes espèces, dont les comparaisons fondent les arbres phylogénétiques actuels. Elles ont permis de très nombreuses études. Des dizaines de milliers d’arbres ont été construits. Pourtant, produire un arbre qui inclurait toutes les espèces vivantes est un défi de taille. Parmi les dizaines de millions d’espèces vivantes estimées, 1.8 million sont identifiées, et la plupart d’entre elles ne sont pas encore décrites.

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Giuseppe Penone. Les arbres des poutres, 1970, crayon sur papier.

L’étude publiée récemment, issue du travail de plusieurs équipes de recherche, présente l’arbre résultant de l’assemblage de multiples arbres déjà publiés. Les auteurs ont pour cela mis au point un processus automatique de compilation des données existantes. L’arbre et les données dont il est issu sont disponibles sur Internet à l’adresse suivante https://tree.opentreeoflife.org. Il est destiné à être mis à jour au fur et à mesure de nouvelles études. Pour les auteurs de l’article  « l’arbre est en aucun cas achevé ». « Il est important de partager les données pour l’améliorer. »

Synthesis of phylogeny and taxonomy into a comprehensive tree of life. C. Hinchliff et al. Proceedings of the National Academy of Sciences, 18 septembre 2015.

http://www.pnas.org/content/early/2015/09/16/1423041112.full.pdf

http://today.duke.edu/2015/09/treeoflife

Une réflexion sur “S’il vous plaît… dessine-moi un arbre

  1. Pingback: Un cheval, des chevaux | Ricochets

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