Home

 

Les fleurs ont aussi leur histoire…  Petit retour sur mon premier billet clin d’œil (Sirdavidia solannona) et lumière sur une fleur venue de loin, je vous présente aujourd’hui Strychnos electri, une plante tout nouvellement identifiée et pourtant vieille de plusieurs millions d’années. Elle a été isolée dans un ambre datant du milieu de l’ère tertiaire et récoltée en 1986 (il y a 30 ans!) en République Dominicaine.

Lanjouw1-300x186

L’ambre n’est rien d’autre que de la résine d’arbre fossilisée. Les scientifiques y trouvent fréquemment des fossiles de plantes, mais ils sont le plus souvent fragmentaires (un pétale, une étamine..). et les spécimens intacts sont rares. L’échantillon dont il est ici question a attiré l’attention des chercheurs par la qualité de sa conservation. Ils l’ont associé au genre Strychnos qui regroupe un peu moins de 200 arbustes, lianes ou buissons parmi lesquels figure la célèbre Strychnos nux-vomica dont les graines, très toxiques, contiennent la strychnine. L’espèce en question est maintenant disparue. Elle a été baptisée Strychnos electri, du nom grec de l’ambre, élektron. Comme les autres membres du genre, elle appartient au groupe des Astéridées, une des lignées végétales les plus représentées : avec 80 000 espèces, elles comptent pour un tiers des plantes à fleur. L’âge de l’ambre en question étant évalué à entre 20 à 40 millions d’années, on peut en déduire que la flore du Nouveau Monde comprenait déjà les Astéridées au milieu de l’ère tertiaire. Alors que l’on savait déjà que les deux autres groupes principaux de plantes à fleurs (les Rosidées  et les Monocotylédones) avaient atteint le Nouveau Monde à cette époque, la question, pour les Astéridées, était encore irrésolue .

Sirdavidia Solannona et Strychnos electri se répondent, images en miroir l’une de l’autre, l’une fleur bien vivante, mais représentante d’un groupe que l’on dit archaïque, l’autre représentante (une des premières) fossile et disparue à jamais, d’un groupe de plantes que l’on considère comme modernes… Toutes les deux nous rappellent que la botanique, science ancienne que d’aucuns pensent peut-être désuète, est encore à l’origine de belles découvertes.

 

Le genre Strychnos…des images botaniques anciennes…

286649d8ca83c5a96d6a06003fe6f499

33300

49085

L’article en question…

An asterid flower from neotropical mid-Tertiary amber. George O. Poinar jr et Lena Struwe. Nature Plants, 15 février 2016.

http://www.nature.com/articles/nplants20165

http://phys.org/news/2016-02-amber-species.html

https://www.newscientist.com/article/2077484-beautiful-amber-fossil-flower-reveals-plant-history-of-new-world/?utm_source=NSNS&utm_medium=SOC&utm_campaign=hoot&cmpid=SOC%7CNSNS%7C2016-GLOBAL-hoot

 

Et, juste pour le plaisir, une image magnifique de fourmis capturées dans l’ambre (issue de Adaptive raditation in socially advanced stem-group ants from the Cretaceous. P. Barden & D.A. Grimaldi, Current Biology, 2016).

Sans titre-1

One thought on “La belle endormie

  1. Pingback: Trésors de l’ambre birman | Ricochets

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s