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lichen

« Jusqu’au dernier tiers du xixe siècle, les Lichens étaient considérés comme des êtres simples, intermédiaires entre les Champignons, par les filaments incolores de leur thalle ou hyphes, et les Algues, par leurs cellules vertes ou gonidies. C’est le mérite du botaniste suisse S. Schwendener d’avoir, en 1867, reconnu nettement leur nature double, résultant de l’union durable, appelée ensuite symbiose par A. De Bary (1879), d’une Algue, constituant le phycosymbiote, autotrophe (capable de photosynthèse), avec un Champignon, le mycosymbiote, hétérotrophe (tributaire d’un autre être vivant pour son alimentation carbonée). « 

Ainsi commence l’article de l’Encyclopedia Universalis consacré aux lichens. Et peut-être cela vous évoque-t-il d’anciens cours de botanique? Les lichens sont en effet bien souvent l’exemple consacré d’association symbiotique, le cas d’école : quand un plus un ne fait plus deux, mais un nouvel organisme dans lequel chacun des deux partenaires apporte sa part et prend son dû. Le lichen, association d’un champignon et d’une algue, organisme double donc… C’est ce que j’ai appris à l’école, vous aussi sans doute.
Double? non point, triple! C’est ce que nous révèle un récent article publié dans Science. Ses auteurs ont en effet découvert que cette vue ancienne, binaire est trop simple. Certains lichens sont en effet construits de l’association entre un champignon ascomycète, une algue photosynthétique et… d’une levure (basidiomycète).

Petite parenthèse de mycologie et de sémantique ..
Ceux que l’on appelle communément champignons constituent un groupe du vivant à part entière, les Fungi, aussi appelé Mycota ou Mycètes. Ils ne sont donc, parmi les eukaryotes, ni animaux, ni végétaux, mais partagent des caractéristiques communes qui leur sont propres.
Parmi les champignons, on distingue différentes divisions ou taxons selon la forme et la position des spores reproductrices. Les ascomycètes et les basidiomycètes sont les plus connus (et les plus nombreux). Ce sont ceux que vous ramassez dans les sous-bois (la morille est un ascomycète, la girolle un basidiomycète), mais aussi certains champignons plus discrets, microscopiques, tels les levures. –

Dans le cas qui nous intéresse, les cellules de levures, acteurs de la symbiose nouvellement entré en scène, forment le cortex (la couche supérieure) du lichen et pourraient être importantes pour en déterminer la forme. Leur abondance relative est en effet corrélée à des variations de phénotype (de morphologie) précédemment observées mais jusque-là inexpliquées. Les auteurs ont en outre découvert que loin d’être anecdotique, cette association pourrait être la règle (ils l’ont observée dans des zones géographiques très variées, sur les six continents). Les levures semblent être ubiquitaires et des partenaires essentiels à la plupart des lichens. Ce n’est donc pas une colonisation fortuite ou parasitaire.
Il faudra peut-être bien amender les manuels scolaires…

cell-types-lichen

Basidiomycete yeasts in the cortex of ascomycete macrolichens. Toby Spribille et al. Science  29 Jul 2016. Vol. 353, Issue 6298, pp. 488-492

http://science.sciencemag.org/content/353/6298/488

http://www.universalis.fr/encyclopedie/lichens/

 

 

2 réflexions sur “Ménage à trois

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